Faire ses propres PCB

Niveau débrouillé

Faire ses propres circuits imprimés nécessite une grande prudence car on manipule des produits chimiques qui peuvent vous blesser et polluer l’environnement.

Il faut absolument éviter de regarder les tubes ou lampes en fonctionnement pour protéger vos yeux. Des gants et des lunettes de protection sont donc obligatoires !

Comment faire ses propres PCB pas cher
Un circuit imprimé (CI) ou Printed circuit board (PCB), est une plaque composée à l’origine de trois épaisseurs : un support (verre epoxy ou bakélite), une couche de cuivre et enfin une résine photosensible.Il existe des plaques qui ne possèdent pas de résine, mais par souci d’alléger le tutorial on passera sur ce détail.

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Il vous faut quelques outils pour réaliser vos PCB :
– Un insoleuse (cf. tuto)
– Quelques bacs de glaces vide
– Un révélateur
– Du perchlorure de fer

1ère étape : La conception

Commençons par le commencement : la conception. Personnellement, j’utilise TIC3 qui marche très bien pour l’amateur que je suis, il permet de sortir des typons de qualité, et de fabriquer ses propres empreintes. Après quelques maux de tête, on arrive à tout caser et à tout relier.

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2ème étape : Le typon

A ne pas confondre avec le petit pont, on n’est pas au foot 😉 Le typon est l’image des pistes du circuit imprimé, c’est aussi la partie la plus délicate de l’opération, votre typon doit être aussi opaque que possible au niveau du noir, et le reste le plus transparent possible. On imprimera donc soit sur transparent soit sur calque. Le calque avec ma vieille laser donne le meilleur résultat, le papier transparent ne retient pas assez le toner, ce qui donne un typon de piètre qualité.

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3ème étape : L’insolation

– Il faut découper un morceau d’epoxy ou de bakélite, de la taille de notre typon.
– On enlève la pellicule protectrice et on pose le typon et le morceau d’époxy ou de bakélite côté résine sur le typon. Le typon doit être posé de manière à ce qu’on voit le côté composant sur le dessus, sinon votre circuit sera tout inversé !
– On laisse ensuite insoler le circuit de 1 à 5 minutes selon votre matériel (il faudra faire quelques tests). Personnellement je laisse insoler 2’45sec avec une insoleuse de 24W et un typon en calque.

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4ème étape : La révélation

Et non je ne vous dirais pas si dieu existe ou non 😉
Dès l’insolation terminée, prenez votre morceau d’epoxy et trempez le dans un petit bain de révélateur. La résine qui a été protégée pendant l’insolation par le typon ne bouge pas alors que celle exposée aux UV se désagrège progressivement et laisse apparaître le cuivre nu. Pour éviter de gaspiller beaucoup de produit, j’utilise une barquette en plastique qui contenait des bâtonnets de surimi. Je verse 1 cm au fond et je plonge ma plaque. Au bout de 30 sec en remuant de temps en temps, les pistes apparaissent et la résine disparaît. Sortez votre plaque et rincez là sous l’eau abondamment en finissant d’ôter la résine ramollie.

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5ème étape : la gravure

Point de burn-proof ou de 52X ici. La gravure réside à plonger la plaque révélée dans un bain d’acide afin de ronger le cuivre mis à nu, les pistes protégées par la résine resteront donc seules à la suite de ce procédé. L’idéal serait d’utiliser une graveuse, appareil cher et imposant muni d’un bulleur et d’un résistance chauffante pour accélérer le processus.Ici j’utilise uniquement 2 anciens bacs de glace, un pour le bain marie, l’autre pour le perchlorure de fer. En effet, le perchlorure de fer se plait plutôt aux alentours de 40°C, plus il sera froid et plus de temps il faudra pour graver votre plaque. Le deuxième bac flotte sur celui du bain marie, me permettant de remuer facilement le bac pour accélérer l’élimination du cuivre nu.

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– Dès que le cuivre a complètement disparu, sortez votre plaque du perchlorure, avec des gants en caoutchouc (je rappelle que le perchlorure est un acide, qui tache et qui brûle la peau) et rincez là abondamment.
– Passez un coup d’acétone sur la plaque pour éliminer les résidus de résine, à l’aide d’une vieille brosse à dent par exemple.

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Et voilà votre PCB est tout propre et prêt à être percer : à ce propos voilà quelques diamètre de perçage.
– Résistances, Diodes, Circuits intégrés, Transistors, Condensateurs…0,8 mm
– Potentiomètres : 1,2 ou 1,5 mm
– Fils, borniers, etc: 1,5 ou plus…
Voilà !

Attention à ne pas jeter le perchlorure de fer dans les egouts, c’est un produit toxique, contacter votre déchetterie pour le recyclage. Il existe des kits de neutralisation pour le perchlorure de fer.

PS : Vous trouverez des empreintes supplémentaires pour le logiciel TCI sur le site du logiciel.

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